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Mon métier, qui à mes yeux est multi-facettes, répond à ma soif de création artistique et d'expression corporelle, ainsi qu'à une quête de sens qui m'a suivie à chaque âge de manière un peu différente.

 

"L'espace de la pose" m'offre un cadre bien délimité, privilégié, où je peux partager mon monde intérieur avec les autres.

J'y conçois mon corps comme un médium, un canal par lequel une forme d'énergie circule, un sentiment, une réflexion, une sensation, que les créatifs face à moi vont capter et retranscrire à leur manière. Donner envie aux autres de (continuer à) dessiner, peindre, photographier (etc) grâce à l'impulsion créative qui guide mes propres attitudes, tel est mon principal objectif.
J'y éprouve mes limites physiques et psychiques, analyse mon rapport à l'espace et au temps.

Evoluant essentiellement nue, en contact direct avec le support sur lequel je me trouve et l'air qui se pose sur ma peau, habitée par diverses sensations physiques tantôt agréables, tantôt désagréables et baignant dans le calme que nécessite la création, je me sens connectée à l'instant Présent.

 

Je partage ma nudité comme un miroir face auquel les autres peuvent observer et questionner leur condition humaine, leur rapport aux corps (le leur et celui d'autrui) et au Temps, la place du désir dans les rapports sociaux, la conception du genre et de la "féminité", et bien d'autres choses encore.

 

Dans la société consumériste et patriarcale où j'évolue, où le corps féminin en particulier est placardé par les médias de long en large et presque systématiquement hypersexualisé, remisé au rang d'objet visant à vendre toutes sortes de produits, le fait d'exercer le métier de modèle d'art constitue à mes yeux un acte politique visant à exprimer au monde les valeurs égalitaires qui m'habitent. Un corps est bien plus qu'un objet sexuel, et j'entends bien le montrer (avec et sans jeu de mot).


Aime ton corps, uses-en de toutes les façons que tu peux… N'aies pas peur de lui, ou de ce que les gens en pensent, il est le meilleur instrument que tu possèdes”. Baz Luhrmann